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🌿Huiles essentielles Les conseils pour les utiliser en toute sécurité

Lecture estimée : 9 min

leur place dans la maison pour purifier l’air ambiant, parfumer le linge, éloigner les parasites, favoriser la détente, voire même soulager les petits« bobos». Mais attention,

bien  que d’origine naturelle, ces préparations ne sont pas  sans risque ! Ce sont des concentrés actifs qui peuvent s’avérer dangereux s’ils ne sont pas  utilisés à bon escient. Quels sont les pièges à éviter ? Et les précautions à prendre ? Retrouvez les conseils de la DGCCRF pour les utiliser en toute sécurité !

Les plantes synthétisent naturellement des  molécules aromatiques afin de se protéger contre les insectes nuisibles, se reproduire ou même communiquer. Ces substances, également appelées essences, sont extrêmement odorantes et volatiles. Il suffit de

passer à côté de certaines fleurs, de froisser une feuille  ou de frotter une racine entre ses mains pour que leurs parfums viennent chatouiller les narines. Utilisées en diffuseur, ajoutées à l’eau du bain,  ingérées, appliquées sur  la peau, ou en inhalation, ces huiles sont proposées comme compléments alimentaires, produits cosmétiques, dispositifs médicaux ou simples parfums d’ambiance.

C’est quoi, une huile essentielle ?

Il n’existe pas  de définition réglementaire à portée générale de l’huile essentielle. La pharmacopée européenne définit l’huile essentielle comme : « produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par  entraînement à la vapeur d’eau, soit par distillation sèche, soit par  un procédé mécanique approprié sans chauffage ». Les dispositions de la pharmacopée ont en général une portée règlementaire. Toutefois, cette définition ne vaut en principe que pour son  champ d’application celui du médicament.

Des préparations potentiellement dangereuses

Sont-elles réellement sans danger ? Tout dépend de l’utilisation que l’on en fait ! Derrière la vitrine anodine et réputée naturelle de leurs vertus tonifiantes, apaisantes ou

antiseptiques, se cachent en effet des  composés chimiques, hautement concentrés, qui peuvent se révéler nocifs  si des  précautions d’usage ne sont pas  respectées. L’Union européenne classe d’ailleurs certaines d’entre elles  comme substances dangereuses1 et exige,  à ce titre, la présence de mentions claires destinées à informer le consommateur.

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des  produits de santé (ANSM) a émis,  en 2008,  une recommandation pour attirer l’attention du public,  mais également des  professionnels, sur  le fait que les huiles essentielles ne doivent pas  être considérées comme « des  ingrédients courants mais comme des  substances particulières non dénuées d’effets secondaires ».

La réglementation applicable dépend de l’usage préconisé

Où trouver l’information adéquate ? Les huiles essentielles ne doivent pas  être

présentées sans fonction déterminée. De fait, il incombe au responsable de leur  mise sur le marché d’informer les consommateurs sur  le mode et les précautions d’emploi. C’est donc en fonction de la destination mentionnée sur  l’étiquette, l’emballage ou la notice de chaque produit

Les huiles essentielles sont en vente libre.  On les trouve en pharmacie, en grande surface, dans les magasins spécialisés et sur  internet. Certains produits font toutefois l’objet de restrictions de délivrance et autorisations de vente. C’est le cas notamment des huiles essentielles tirées des  absinthes ou des  armoises qui ne peuvent être vendues qu’en officine. Une quinzaine d’huiles essentielles sont concernées au total par  ce monopole pharmaceutique peut ainsi  entrer dans une catégorie soumise à réglementation particulière. Une présentation du produit non conforme à l’usage auquel il est en principe destiné peut donc être constitutive d’un délit de tromperie sanctionné par  la DGCCRF.

Les huiles essentielles vendues à des  fins cosmétiques

Les huiles essentielles sont utilisées depuis très longtemps en cosmétique car elles présentent des  propriétés intéressantes. Cependant, elles  peuvent provoquer quantité d’effets indésirables du fait de leur  passage à travers la peau et de leur  impact sur l’organisme. Certaines huiles sont photosensibilisantes : il faut donc éviter de les appliquer avant une exposition au soleil. D’autres peuvent déclencher des  allergies, des irritations voire  même des  brûlures lorsque le dosage n’est pas  respecté. Elles doivent donc être utilisées avec  prudence et la question de l’évaluation du risque lié à leur emploi se pose.

La réglementation européenne relative aux cosmétiques a prévu un certain nombre de garde-fous qui s’appliquent aux huiles essentielles : respect du principe d’innocuité, règles de composition particulières, production d’un dossier d’information, règles d’étiquetage, notification de ces produits sur  le portail européen des  produits cosmétiques (Cosmetic products notification portal). Afin de s’assurer que ces exigences règlementaires spécifiques ont bien  été remplies, il est recommandé de n’utiliser pour cet usage que des  huiles essentielles « cosmétiques ».

Principaux modes d’utilisation des huiles essentielles

Les modes d’utilisation des  huiles essentielles les plus  courants sont l’ingestion, le massage, le bain  et la diffusion. Toutefois, ils ne conviennent pas  à toutes les huiles essentielles. Par exemple, les produits riches en phénols ou en cétones, substances irritantes pour les voies  respiratoires, sont inadaptés à la diffusion ou à l’inhalation. C’est le cas de la cannelle de Ceylan,  de l’estragon, du clou de girofle,  du thym à thymol, de l’eucalyptus mentholé, de la sauge officinale, du thuya, de l’armoise ou de la menthe poivrée. Avant d’utiliser une huile  essentielle, assurez-vous que le mode d’utilisation que vous  envisagez est bien  celui recommandé pour cette huile

Les huiles essentielles vendues en tant qu’ingrédients cosmétiques

Certaines huiles essentielles sont vendues en tan t qu’ingrédients à mélanger soi-même pour préparer des  produits cosmétiques « maison ». Cette utilisation n’est pas  couverte par  la règlementation cosmétique, il convient donc d’être particulièrement prudent vis-à- vis des  risques d’allergies, de photosensibilisation, de brûlures, etc.

Les huiles essentielles vendues en tant que denrées alimentaires

Dès lors qu’une huile  essentielle est destinée à être ingérée et qu’elle ne répond pas  à d’autres définitions (médicament notamment), elle doit être qualifiée de denrée alimentaire.

Les huiles commercialisées pour  un usage aromatique

Beaucoup d’huiles essentielles peuvent être utilisées en cuisine, à chaud ou à froid,  pour parfumer un mets ou apporter une saveur particulière. La réglementation européenne6 relative aux arômes a prévu un certain nombre de dispositions, notamment celles relatives à l’étiquetage et aux obligations des  responsables de première mise sur  le marché. D’une façon générale, toutes les sources végétales susceptibles d’être utilisées pour la fabrication d’huiles essentielles à des  fins d’aromatisation ont été évaluées par  le Conseil de l’Europe et recensées dans un Livre bleu  où figurent les conditions d’utilisation se rapportant à chaque source (variété et partie de plantes autorisées, teneur en principes actifs, etc.). Les huiles essentielles provenant de ces plantes peuvent donc être utilisées dans l’alimentation, à condition que leur  dose d’emploi soit compatible avec  une utilisation en tant qu’arômes ou aromatisants (d’une façon générale, cela signifie  2 % au maximum).

Les huiles commercialisées en tant que complément alimentaire

Certaines huiles essentielles peuvent être utilisées pour compléter le régime alimentaire normal. Dans  ce cas de figure,  la réglementation a introduit une obligation de déclaration auprès de la DGCCRF. Les allégations de santé figurant sur  ces produits sont également soumises à autorisation préalable. A noter : les mentions dites « thérapeutiques » (prévention ou traitement de maladies) sont réservées aux spécialités pharmaceutiques.

Les huiles essentielles vendues en tant que produits biocides

Certaines huiles essentielles sont utilisées comme pour désinfecter, détartrer ou simplement nettoyer sols et surfaces. On les trouve également dans les lessives ou les adoucissants et dans les aérosols (insecticides, désodorisants). Les produits revendiquant une action de désinfection, une action répulsive ou une action insecticide entrent dans la catégorie des  produits biocides. Aux termes de la réglementation8, les produits entrant dans cette catégorie ne peuvent être mis sur  le marché que si les substances actives qui les composent sont autorisées pour un usage biocide. Une déclaration préalable à la mise sur  le marché doit également être effectuée ainsi  qu’une

déclaration annuelle des  quantités de produits mis sur  le marché auprès du ministère en charge de l’environnement. Une déclaration de toxicovigilance, que le produit soit classé dangereux ou non, doit également être déposée. Enfin, les huiles essentielles utilisées comme biocides doivent comporter un étiquetage spécifique. Le nom de l’huile essentielle utilisée, sa concentration et son  action doivent notamment être mentionnés sur  l’étiquette.

Les allégations valorisantes sont–elles autorisées ?

Seules les huiles essentielles de qualité alimentaire peuvent porter le logo national AB ou le logo européen eurofeuille. Pour les huiles destinées à un autre usage, les allégations « bio » doivent répondre aux règles générales du Code  de la consommation, notamment à l’interdiction de pratique commerciale trompeuse. Par ailleurs, en cas d’usage cosmétique, les allégations doivent respecter les critères communs auxquels sont soumises les allégations relatives aux produits cosmétiques. S’agissant des  mentions « écologique », elles  ne peuvent être présentes sur  des  produits classés dangereux, même dans le cadre d’un référentiel de certification privé.

Les huiles essentielles entrant dans la fabrication de médicaments

S’agissant de l’utilisation d’huiles essentielles à des  fins thérapeutiques, le Code  de la santé publique stipule que les médicaments à base de plantes, c’est-à-dire les médicaments « dont les substances actives sont exclusivement une ou plusieurs substances végétales ou préparations à base de plantes, ou une association de plusieurs substances végétales ou préparations à base de plante », peuvent être dispensés d’autorisation de mise sur  le marché et être soumis à une simple obligation d’enregistrement auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) . Certaines préparations à base d’huiles essentielles entrent dans ce cadre sous réserve de l’avis de l’ANSM. L’Agence a, par  ailleurs, émis un certain nombre de recommandations relatives à l’utilisation des  huiles essentielles dans la fabrication des  médicaments auxquelles il convient de se référer .


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